Réseau social préféré des Internautes, Facebook permet aussi de communiquer auprès d’un large auditoire. Les collectivités locales l’ont bien compris, et s’en servent désormais pour attirer des masseurs kinésithérapeutes et des médecins notamment. Des initiatives ponctuelles ou une tendance qui va se généraliser ?

Les déserts médicaux à l’origine de nouvelle forme de recrutement des kinés et des professions libérales de santé

On ne va pas s’étendre, une nouvelle fois, sur l’expansion de ce que l’on appelle les déserts médicaux. On garde en mémoire les efforts consentis par les municipalités ou les collectivités territoriales pour attirer des masseurs kinésithérapeutes mais aussi des médecins ou des infirmières. Parfois ces efforts ne sont pas suffisants pour redynamiser un territoire, et pourtant les collectivités locales ne baissent pas les bras, en faisant preuve d’originalité dans leur approche. L’aventure du Pôle de Santé de Condé-en-Normandie en est le parfait exemple. Dès 2009, les médecins mais aussi les masseurs kinésithérapeutes de Condé-sur-Noireau (la ville sera intégrée, au 1er janvier 2016, à la nouvelle commune de Condé-en-Normandie) souhaitent anticiper et préparer le départ à la retraite d’un grand nombre d’entre-eux. Le pari est réussi, puisque le pôle de santé libéral et ambulatoire est inauguré en 2014 et compte alors près de 25 professionnels de santé.

Cependant en 2016, toujours dans le but d’anticiper les départs en retraite de médecins généralistes, le pôle de santé cherche à recruter 4 médecins dès 2017. Des annonces sont passées, mais force est de constater, que l’offre n’attire pas les candidats. En presque une année de recherche, aucune candidature n’est déposée, et l’échéance se rapproche dangereusement.

Quand Internet facilite aussi l’installation de masseurs kinésithérapeutes

Pour se montrer plus attrayant, le Pôle de santé décide alors d’innover dans sa façon de recruter ses futurs médecins. En février 2017, une page Facebook est créée et le nom de la page est sans équivoque : Condé cherche médecin. Des réunions d’informations sont organisées, une certaine publicité est donnée à cette page. Le succès est au rendez-vous, puisque la page dépassera les 200.000 vues.  L’initiative a été portée par tous, y compris les élus locaux. Les candidatures se sont multipliées, si bien qu’en septembre 2017, la page changeait de nom pour devenir « Condé a trouvé des médecins ».  Trois jeunes médecins exercent depuis janvier 2018 au sein du pôle de santé de la ville. L’initiative a donc été un succès rapide et incontestable. Aussi, lorsque l’équipe de kinés a ressenti le besoin de se renforcer pour faire face à une demande de plus en plus importante, c’est fort logiquement vers Facebook qu’elle s’est tournée. La page est donc devenue « Condé cherche kiné »

Facebook, une nouvelle source d’inspiration pour les masseurs kinésithérapeutes libéraux

« Maintenant que les médecins sont là, on va tenter de renforcer le pôle kiné. Tout Condé en a besoin ». Profitant de l’expérience acquise pour le recrutement des médecins généralistes, le pôle de santé multiplie donc désormais les efforts pour attirer des renforts à cette « Equipe de jeunes Kinés/Ostéos ». Tout est mis en avant pour retenir l’attention des kinés libéraux, depuis la description du cabinet de kinésithérapie (avec piscine pour les actes de balnéothérapie) jusqu’à la valorisation du cadre de vie. Puisque tous les professionnels de santé présents à Condé en Normandie participent à la gestion de cette page, le ton se fait réellement plus engageant. Aucun argument n’est ignoré, puisque les kinés eux-mêmes soulignent le classement de la commune en ZRR (zone de revitalisation rurale), ce qui implique une exonération d’impôts pendant une période de 5 années. Nul doute, que très prochainement la page devrait une nouvelle fois changer de nom pour devenir « Condé a trouvé un kiné ».

D’autres communes, dans la même situation que Condé-en-Normandie, ont suivi l’initiative, et les pages Facebook destinées à recruter des masseurs kinésithérapeutes pour un centre de santé ou pour inciter à l’installation d’un jeune kiné libéral devraient se multiplier à l’avenir. Ainsi, les masseurs kinésithérapeutes, comme tous les autres professionnels de santé, bénéficieront désormais de toute la puissance du célèbre réseau social pour découvrir tous les avantages à s’installer dans telle ou telle ville. Ce phénomène va-t-il changer la donne en luttant efficacement contre les déserts médicaux, ou est-il condamné à rester marginal ? C’est la question, à laquelle on ne pourra répondre que dans quelques années.

Et vous, comment jugez-vous cette initiative de s’appuyer sur les réseaux sociaux pour attirer les masseurs kinésithérapeutes ? Estimez-vous qu’à l’avenir Facebook deviendra aussi un outil de recherche pour les jeunes kinés libéraux ?