Si les maisons de santé pluriprofessionnelles attirent de plus en plus de kinés libéraux et de professionnels de santé, il est utile de connaitre précisément l’état des lieux de ces nouvelles structures, qui sont appelées à se développer dans les années à venir.

Les maisons de santé pluriprofessionnelles, un eldorado pour les kinés libéraux et les autres

On l’a déjà souvent souligné et détaillé, mais les MSP pour maisons de santé pluriprofessionnelles ou pluridisciplinaires constituent une forme de plus en plus plébiscitée par les professionnels de santé. Les kinés libéraux comme les autres semblent apprécier cette nouvelle façon d’exercer leur profession. Partager les frais inhérents au fonctionnement d’un centre de santé, la possibilité de rompre la solitude pesante que peut ressentir un kiné libéral lorsqu’il décide d’exercer seul, s’engager dans un projet de soins avec d’autres professionnels de santé, l’opportunité de mutualiser certains besoins comme le secrétariat, la facturation, …  Les avantages ne manquent pas lorsque les kinés libéraux sont interrogés quant à l’attractivité de ces MSP.

Mais, rejoindre une MSP pour un kiné libéral comme pour un autre professionnel de santé, c’est aussi une décision économique, et en la matière aussi, ces structures de soins présentent de nombreux atouts, qu’il ne faut surtout pas négliger. D’autant plus, que les autorités publiques, à travers la Réforme de notre Système de Santé (Ma Santé 2022), ont déjà montré leur ambition à renforcer le développement de ce type de structures, et ces incitations sont aussi financières.

La réalité des MSP en France en 2019, un état des lieux pour éclairer les kinés libéraux

A la fin de l’année 2018, on enregistrait officiellement 735 MSP réparties sur l’ensemble du territoire national. 735 MSP qui ont adhéré l’accord cadre interprofessionnel (ACI). En douze mois, ce sont 197 MSP de plus qui sont venus compléter l’offre de soins en France. Les derniers chiffres du ministère de la Santé confirment cette tendance haussière, puisqu’on enregistrerait, à la mi-mai 2019, 1253 MSP en fonctionnement et 445 en cours de constitution. Plus de 6 MSP sur 10 auraient donc déjà signé un contrat avec l’ARS et la CNAM.  

La CNAM a détaillé, dans un communiqué du mois de mai 2019, les rémunérations versées à ces MSP.  En moyenne, chaque MSP recevra 63.500 € au titre de l’année 2018, ce qui représente un total de 46.7 millions d’euros. (A noter qu’en 2017, les 538 MSP déclarées et adhérentes à l’ACI s’étaient partagé la somme de 35.8 millions d’euros).  Mais pour percevoir cette rémunération, chaque MSP doit s’inscrire dans une démarche définie et respecter des engagements clairs et définis :

  • Être ouvert de 8h00 à 20h00 en semaine, le samedi matin et pendant les congés scolaires
  • Organiser l’accès à des soins non programmés
  • Prendre en charge une fonction de coordination
  • Garantir un système d’information labellisé

On faut souligner, que certains engagements peuvent ouvrir droit à une rémunération complémentaire pour les MSP, comme, par exemple, l’engagement à former de jeunes professionnels, l’adoption d’outils pour mesurer la satisfaction des patients, l’offre de consultations de second recours, … C’est la structure, la maison de santé, qui perçoit la rémunération et non pas les professionnels concernés. La somme perçue peut alors être utilisée comme la structure le désire.

Les MSP, une nouvelle tendance appelée à devenir la règle générale

 En 2018, les MSP ont pris en charge 3.2 millions de patients, ce qui représente une hausse de 11.5 % par rapport à 2017. La hausse atteint même 42 % si on se base à 2016. Cela atteste de la tendance, qui fait de ces structures de soins une offre plébiscitée par les patients eux-mêmes. Mais l’attrait est aussi bien réel vis-à-vis des kinés libéraux et des professionnels de santé. On compte ainsi à fin 2018 13.096 professionnels de santé exerçant dans ces MSP, dont 3554 généralistes. Le nombre de ces professionnels a cru de 37 % en 2018. Dans son dossier de présentation, la Cnam souligne l’intérêt des professionnels de santé pour ces nouvelles formes d’exercice en expliquant : « Ce mode d’exercice regroupé et coordonné, aujourd’hui plébiscité par les jeunes diplômés, concourt également à une plus grande attractivité de l’exercice ambulatoire, notamment au sein de territoires en tension d’un point de vue démographique« .

Et vous, exercez-vous déjà dans une maison de santé pluriprofessionnelle ? Quels sont les freins qui vous empêchent de franchir le pas ?