Kinésithérapie et ostéopathie sont fréquemment confondues par les patients. Une situation dangereuse tant les deux professions sont différentes dans le statut et le champ de compétences. Retour sur les distinctions entre ces deux métiers.

Masseurs kinésithérapeutes et ostéopathes, des professions trop souvent confondues !

Même si la masso kinésithérapie et l’ostéopathie ne sont pas deux pratiques semblables, la confusion est fréquente dans l’esprit des patientes et des patients. Les similitudes entre ces deux approches différentes sont à l’origine de cette confusion, et pourtant l’ostéopathe est un professionnel de la santé, répondant au cadre défini par l’article 75 de la loi sur le droit des malades et la qualité du système de santé (loi du 04 mars 2002). De son côté, le masseur kinésithérapeute est considéré comme un auxiliaire médical, tel que défini dans la 4ème partie du code de la santé publique. Cette différence de statut entre les MKDE d’une part et les ostéopathes d’autre part ne parlent pas trop aux patients, d’autant plus qu’une nouvelle organisation intersyndicale, la Fédération française des praticiens de Santé (FPPS), entend faire évoluer le statut des kinés, en les faisant passer d’auxiliaire médical à partenaire de santé. En souhaitant « remplacer cette vision subalterne par une vision de partenaire du corps médical », la FPPS répond certes à une attente des masseurs kinésithérapeutes mais risque aussi d’ajouter de la confusion à la confusion.

Dans l’esprit de la population, cette différence de statut n’est guère compréhensible et ne génère donc pas de confusion entre les deux professions, à l’inverse de ce que les patients peuvent vivre au quotidien.

Partenaire ou auxiliaire de santé, les masseurs kinésithérapeutes agissent sur prescription médicale

Ces statuts différents entre les deux professions impliquent une différence dans la prise en charge pour les patients, et il est évident qu’elle est bien plus connue que la distinction des titres de chacun des professionnels. En effet, les auxiliaires médicaux que sont les kinés agissent sur prescription médicale. Leurs actes, prescrits par un médecin avec un objectif thérapeutique, ouvrent droit au remboursement par la Sécurité Sociale.

Il en est autrement pour les ostéopathes, que les patients peuvent consulter librement, sans être passé au préalable par la visite du médecin généraliste. L’ostéopathie dispose d’un champ de compétences correspondant aux troubles fonctionnels de l’organisme. Si les soins des ostéopathes ne sont pas remboursés par la sécurité sociale, ils sont néanmoins pris en charge par la très grande majorité des complémentaires.

Une approche différente entre ostéopathie et kinésithérapie

C’est donc du côté de la pratique elle-même, qu’il vaut mieux rechercher les causes expliquant la confusion entre ces deux professions.  L’ostéopathie considère le corps dans son ensemble. Cette approche globale va permettre à l’ostéopathe de rechercher les causes d’une douleur afin d’en faire disparaitre les symptômes. En revanche, le masseur kinésithérapeute, lui, s’évertue à intervenir de manière plus précise, en ciblant les zones symptomatiques.

C’est cette similitude (nécessité d’être au contact physique du patient), qui peut expliquer la confusion. Pourtant les deux approches sont bien différentes et peuvent se révéler complémentaires. La formation de ces professionnels de santé est donc aussi différente. Pour pouvoir exercer en tant que masseur kinésithérapeute, le professionnel de santé doit être titulaire du diplôme d’Etat, octroyé après un cursus de 3 ans. Depuis fin 2014, le cursus nécessaire pour obtenir le titre d’ostéopathe s’étire sur 5 années. Le diplôme est délivré par des établissements d’enseignement, agréé par le Ministère de la Santé.

On comprend mieux, à la lecture des conditions de formation, les similitudes existantes entre ostéopathie et kinésithérapie. Si la formation des ostéopathes implique 4860 heures de formation réparties sur 5 années, un masseur kinésithérapeute cherchant à obtenir le titre d’ostéopathe verra ce cursus se réduire avec 1892 heures de formation.

Des différences bien réelles et une complémentarité à souligner

Depuis la loi de mars 2002, dite loi Kouchner, les ostéopathes sont rigoureusement encadrés et contrôlés, afin d’éviter certains écueils connus par le passé. Mais l’ostéopathie peut trouver une complémentarité avec la kinésithérapie, principalement en ce qui concerne le traitement localisé de symptômes et de douleurs.

D’autre part, si l’ostéopathe considère le corps humain dans sa globalité, il n’intervient que manuellement à la différence des masseurs kinésithérapeutes, qui pourront utiliser des appareillages et des équipements techniques (appareils à ultrasons, électrostimulation,  …)

La question des relations entre masseurs kinésithérapeutes et ostéopathes ne peut pas être évoquée de manière générale, puisque chaque professionnel et chaque situation est unique.

Et vous, quels sont vos rapports avec les ostéopathes de votre secteur d’activité ? Quel jugement portez-vous sur l’ostéopathie ? Une approche complémentaire de la vôtre ?