Si le métier de masseur kinésithérapeute est strictement encadré et défini, il existe de nombreuses formes d’exercice de la profession. Si devenir kiné libéral reste le vœu d’un grand nombre d’étudiants, le secteur hospitalier est en pénurie constante de professionnels. Et même pour les kinés libéraux, de nombreux choix s’offrent à eux.

Quand les autorités publiques reconnaissent l’attractivité des kinés libéraux

On parle souvent de la difficulté des autorités sanitaires de recruter des masseurs kinésithérapeutes pour les hôpitaux et autres centres de santé.  Les autorités publiques ont imaginé des solutions pour pallier cette pénurie, qui ne concerne pas que les masseurs kinésithérapeutes mais toutes les professions de santé. Si les maisons de santé pluriprofessionnelles peuvent représenter une solution efficace pour lutter contre la désertification médicale, elles n’apportent en revanche aucune vois envisageable pour redonner de l’attrait à la fonction publique hospitalière. Et les prospectives, réalisées pour le compte des autorités publiques, ne laissent pas voir d’amélioration notable dans les années à venir. Pire, on devrait connaitre une augmentation importante du nombre de masseurs kinésithérapeutes (certains la juge même trop importante au vu de la croissance démographique) sans pour autant augmenter significativement le nombre de professionnels choisissant la voie hospitalière. Les professionnels décidant de devenir kiné libéral restent extrêmement majoritaires, et tout le monde en connait les raisons. Le manque d’attractivité de l’Hôpital, et plus précisément le niveau de rémunération, est bien connu. C’est ce qu’a encore confirmé le directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). Le 05 décembre dernier, Martin Hirsch était entendue par la commission des affaires sociales du Sénat, dans le cadre de la future loi santé et organisation de la protection sociale.  Il a listé les problèmes de la fonction publique, et a reconnu que les masseurs kinésithérapeutes étaient presque contraints de choisir la forme libérale s’ils voulaient gagner leur vie.

Entre hôpital, maison de santé pluriprofessionnelle, cabinet de kinésithérapie, …une profession à restructurer ?

Mais comme nous l’avons évoqué ci-dessus, mêmes lorsque les kinés libéraux décident de s’installer, ils doivent aussi faire des choix. Le choix du lieu d’implantation, avec la prise en compte des zones surdotées, des déserts médicaux, …. et de toutes les conséquences liées à cette catégorisation (incitations financières, fiscales, matérielles, …). Les collectivités locales complexifient encore un peu plus la donne en imaginant, à leur tour, des incitations visant à lutter plus efficacement contre la désertification médicale.

Mais les kinés doivent aussi choisir entre l’exercice solitaire de leur profession et le regroupement avec d’autres confrères ou consœurs ou d’autres professions de santé. Là encore, les autorités ambitionnent de développer fortement le nombre de MSP dans les années à venir.

Un kiné libéral pourra également décider de se consacrer exclusivement à sa patientèle, que ce soit à son cabinet ou au domicile de ces derniers, mais il pourra également opter pour un exercice mixte. D’autant plus que les hôpitaux ne sont pas les seuls établissements qui doivent faire face à la pénurie de professionnels. Ainsi, les thermes connaissent de grandes difficultés à faire face à leurs besoins, d’autant plus que l’offre est, le plus souvent, limitée à certaines périodes de l’année. Le recrutement des kinés est un problème national reconnait Bertrand Bloyer, le directeur des Thermes de Néris les Bains. Monsieur Bloyer constate le recul du nombre de curistes, et il l’explique par les résultats de l’année 2017, qui avaient été catastrophiques en termes d’image pour cause de manque criant de masseurs kinésithérapeutes. Dans un centre thermal, les conséquences ne se font pas attendre. Même si elles sont moins visibles, ces conséquences sont aussi dramatiques à l’hôpital, amenant à la nécessité évoquée pour commencer cette évocation : la profession de masseur kinésithérapeute doit se réformer en urgence, pour pouvoir répondre à toutes ces demandes insatisfaites, faute de quoi ces pénuries récurrentes pourraient ouvrir la porte à d’autres formes de concurrence. 

Et vous, comprenez-vous ces pénuries récurrentes à l’hôpital, dans les Thermes mais aussi le manque criant de kinés libéraux dans certaines régions ? Des pistes pour apporter des solutions pérennes ?