Emmanuel Macron, président de la République, a dévoilé le 18 septembre dernier, la grande Réforme du système de santé. Les kinés libéraux savent désormais, quelles seront les évolutions des prochaines années.

Changer d’approche et d’esprit, une ambition affichée et assumée : Ma Santé 2022 !

Le président de la République, Emmanuel Macron comme la ministre de la Santé, Mme Agnès Buzyn, en parlent depuis des semaines, et ce mardi 18 septembre, la grande Réforme de la Santé a (enfin) été dévoilée. Ma Santé 2022, voilà le slogan donné à cette Réforme, que le Président de la République a comparé aux ordonnances Debré de 1958. Autant dire, que si l’ambition du gouvernement est forte, cela se traduit dans les faits par un investissement de plus de 3 milliards d’euros d’ici 2022. Et pourtant, M Macron a tenu à insister, que cette réforme du système de santé ne peut pas se résumer à une question budgétaire : « Notre système de santé n’est pas sous-financé mais il est mal organisé ».

Les kinés libéraux, comme tous les professionnels de santé, étaient donc avertis, dès les premières minutes. La Réforme de la Santé de 2018 ne sera pas une liste d’investissements mais bien la volonté d’instiller une nouvelle approche. Cette transformation s’articulera donc autour de 3 thématiques :

  • Placer le patient au cœur du système et faire de la qualité de sa prise en charge la boussole de la réforme
  • Organiser l’articulation entre médecine de ville, médico-social et hôpital pour mieux répondre aux besoins de soins en proximité
  • Repenser les métiers et la formation des professionnels de santé

C’est donc autour de ces 3 axes prioritaires, que les 54 mesures annoncées ce mardi 18 septembre vont s’articuler. Si nous ne pouvons pas lister chacune de celles-ci, les plus emblématiques ont déjà été largement présentées, bien que certains aient déjà fait connaitre leur opposition.

La Réforme de la Santé, un plan ambitieux ou un saupoudrage de mesures diverses ?

Comme l’a rappelé le président de la République, la Réforme s’adresse à tous les professionnels sans distinction. Il explique : « Il faut arrêter d’opposer les hospitaliers aux libéraux, les généralistes aux spécialistes, les médecins aux autres professionnels de santé. (…)  La cible à mes yeux c’est cet exercice décloisonné, coordonné« . Une des mesures, les plus médiatisées, concerne la suppression du numérus clausus pour les étudiants en médecine. Mais le gouvernement promet ici une refonte complète du cursus des études de santé. Cette refonte est d’ores et déjà promise pour la rentrée 2020, et pour les kinés comme pour les infirmiers, on semble se diriger vers une universitarisation de ces formations initiales.

Toujours pour les médecins, le Président de la République a annoncé la création de 4000 postes d’assistants médicaux : « Pour augmenter le temps médical, nous devons continuer à décharger des médecins d’actes qui peuvent être faits par d’autres. Pour libérer du temps médical, nous devons leur permettre d’être accompagnés par d’autres personnels qui assument une partie des tâches administratives, de gestion et de coordination. C’est dans cet esprit que nous créerons des assistants médicaux ». Dégager du temps médical pour les médecins, la finalité de cette création ne concerne donc pas les autres professionnels de santé, et les kinés libéraux ne profiteront pas de ces créations.  Si la mesure peut sembler justifier pour les médecins généralistes, les infirmières libérales et les aides-soignantes ont déjà affiché leur mécontentement, dénonçant la création d’une nouvelle profession, dont les limites sont floues. N’est-ce pas une nouvelle concurrence pour les IDEL(s) ?

La Réforme de l’hôpital, notamment en ce qui concerne sa gestion financière, est aussi une mesure forte de cette Réforme. Dès l’année prochaine, les premiers hôpitaux labelisés « Hôpitaux de proximité » verront le jour, et le gouvernement espère atteindre entre 500 et 600 hôpitaux de ce type à l’horizon 2020. Dans le même esprit, 400 médecins salariés par les hôpitaux seront en charge de rejoindre les déserts médicaux les plus marqués.

Les kinés libéraux, des professionnels de santé oubliés par la Réforme de la Santé ?

La Réforme de la Santé ne s’adresse dons pas directement aux kinés libéraux et hospitaliers. Certes, la réforme de la formation des soignants aura des incidences sur le parcours des étudiants en masso-kinésithérapie, alors que les kinés libéraux et hospitaliers seront appelés à participer au déploiement de ces urgences de ville, voulues par Emmanuel Macron. Il ne s’agissait pas pour les masseurs kinésithérapeutes d’obtenir une réponse à leurs revendications, mais bien de connaitre les grandes orientations données à l’évolution du Système de Santé en France. Les kinés libéraux connaissent désormais ces grandes lignes et peuvent ainsi envisager l’évolution de leur profession dans les années à venir.

Et vous, quel est votre avis sur la Réforme de la Santé dévoilée par le président de la République ? Les décisions prises vous semblent-elles être à la hauteur des enjeux ?