A Singapour, la question ne se pose plus, puisque le robot Emma remplace déjà des masseurs traditionnels pour certains soins prodigués en milieu hospitalier. Doit-on craindre de cette arrivée des robots et de l’intelligence artificielle ou s’agit-il au contraire d’une opportunité pour les kinés libéraux ?

Quand la médecine du futur fait peur aux médecins et aux kinés libéraux ….

En matière de santé aussi, les nouvelles technologies promettent une révolution dans les années à venir. Les masseurs kinésithérapeutes n’échappent pas à la règle, même si le contact physique, que nécessite la kinésithérapie, rend la profession moins compatible avec la télémédecine. Pourtant les cabinets de masseurs kinésithérapeutes devront, eux-aussi, s’adapter dans les années à venir pour faire face à ces évolutions qui apparaissent comme inéluctables. Mais c’est dans un autre domaine, que les professionnels de santé, et les masseurs kinésithérapeutes sont autant concernés que les autres en la matière, craignant de voir ces nouvelles technologies progresser à une vitesse vertigineuse.

L’intelligence artificielle n’est plus une utopie ou une projection de nos rêves pour les années à venir. Il s’agit désormais bien d’une réalité, et plusieurs faits attestent des (r)évolutions qui se préparent dans un avenir plus ou moins proche. Même si cela est (presque) passé inaperçu, 2017 sera une date historique dans le domaine de la Santé au niveau mondial, puisque pour la première fois, un robot a été déclaré apte à devenir médecin.

C’est en Chine, que Xiaoyi (c’est le nom donné à cette forme d’intelligence artificielle) a passé le même concours écrit de médecine que les étudiants. Il s’en sort très bien en affichant une note de 456 points sur 600. Certes, la meilleure note est toujours détenue par un humain (553 points), mais Xiaoyi fait mieux que la moyenne des étudiants. En un peu plus d’un an, ce robot a ainsi pu « lire » plus d’un million d’images médicales, plus de 53 ouvrages, deux millions de dossiers et 400.000 rapports médicaux. Il a réussi à restituer cette montagne de connaissances sous forme d’analyses.  Pour le responsable du projet ce robot n’est pas une concurrence aux médecins traditionnels, bien au contraire : « l’intérêt de ce robot n’est pas de remplacer les médecins mais plutôt d’améliorer leur efficacité. Xiaoyi, pourrait ainsi contribuer à limiter les effets de la pénurie de personnel médical dans les zones les plus reculées de Chine. »

Une nouvelle concurrence pour les masseurs kinésithérapeutes !

Si les médecins peuvent se sentir menacés par cette arrivée de robots sur les bancs des facs de médecine, on aurait pu croire que les masseurs kinésithérapeutes seraient épargnés par cette intrusion des technologies de pointe. Et pourtant, Emma vient remettre en cause cette certitude. C’est du côté de Singapour, qu’il faut se rendre pour rencontrer Emma, un robot doté d’une intelligence artificielle, présentée comme innovante par les responsables de la société AiTreat.

Après des tests réalisés en 2016, Emma est entrée officiellement en fonction cette année 2017. Ce robot est équipé d’un bras robotisé. Reliée au Cloud et à une puissante intelligence artificielle, Emma est une « masseuse qualifiée », ne pratiquant que des massages prescrits par un médecin. Son système d’analyse lui permet d’adapter le massage en fonction du patient. C’est une révolution pour la kinésithérapie et le massage.

Pour le moment, Emma ne pratique qu’une technique spécifique de massage, le Tui Na, une des 5 branches de la médecine traditionnelle chinoise. Mais, aux dires des responsables du projet, l’adaptation à la kinésithérapie occidentale ne nécessiterait que quelques adaptations.

 Des robots pour remplacer les kinés libéraux !

Les premiers patients d’Emma le confirment. Ils ne ressentent aucune différence entre les massages traditionnels et ceux prodigués par Emma. La différence pour la clinique NovaHealth, dans laquelle Emma a commencé sa carrière, réside dans le fait qu’Emma ne connaît ni la fatigue, ni le stress. Même si les responsables se défendent de vouloir remplacer les masseurs et les masseuses, on peut néanmoins légitimement se poser la question de l’avenir de cette robotisation sur la profession de masseurs kinésithérapeutes.

Gardera-t-on toujours la même approche que celle de Calista Lim, un médecin de la clinique d’Emma : « Le robot ne remplace pas les thérapeutes, mais réduit leur charge de travail en permettant à ces derniers de traiter un plus grand nombre de patients »

 Craignez-vous cette arrivée de la robotisation dans le domaine de la kinésithérapie et des massages ? Comment envisagez-vous l’avenir de la profession ? Le recrutement de nouveaux kinés libéraux ou la multiplication des robots masseurs ? [/fusion_text]