Depuis des années, les attaques de la Cour des Comptes à l’égard des masseurs kinésithérapeutes se multiplient. Depuis septembre 2015, les hauts magistrats insistent sur les efforts à accomplir pour les kinés libéraux.

Les kinés désignés comme fautifs par les Sages de la Cour des Comptes en 2015 

On se souvient tous du tollé qu’avait provoqué la publication du rapport de la Cour des Comptes le 15 septembre 2015. Les masseurs kinésithérapeutes s’étaient sentis stigmatisés et pointés du doigt par un rapport, présenté comme une approche (trop) purement budgétaire. En effet, les hauts magistrats avaient souligné le « dérapage » de deux professions de santé dans leur analyse des comptes de la santé publique en France : les infirmiers libéraux d’une part et les masseurs kinésithérapeutes d’autre part. Le rapport proposait même de placer ces deux professions sous contrôle financier, afin de juguler ce qui était considéré par le rapport comme un dérapage inexplicable et inadmissible. Parmi, les préconisations de la Cour des Comptes figurait le renforcement des contrôles à l’égard des masseurs kinésithérapeutes.

La profession toute entière s’était indignée de cette stigmatisation et étonnée aussi du fait, qu’il ne soit pas fait état, dans cette étude, des problématiques liées à la revalorisation des actes, revalorisation demandée à maintes reprises par les syndicats représentatifs. Le problème de la régulation des installations des masseurs kinésithérapeutes était alors soulevée, avec en point de mire celle des diplômés communautaires cependant.

Les masseurs kinésithérapeutes pointés du doigt une nouvelle fois 

Depuis la publication de ce rapport, les autorités ont cherché à apaiser les relations avec les infirmières libérales mais aussi avec les masseurs kinésithérapeutes. Cependant, chaque nouvelle publication de la Cour des Comptes est l’occasion de pointer du doigt chacune de ces professions. Les magistrats de la rue Cambon à Paris reviennent, en effet sans relâche, sur leurs propos de septembre 2015, même si le ton employé n’est plus aussi agressif qu’au départ. Ainsi, en ce mois de septembre 2017, la Cour des Comptes a publié son rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale

 L’analyse reste uniquement financière certes mais  doit néanmoins permettre de servir de base aux autorités sanitaires du pays pour prendre les mesures qui s’imposent. Pour expliquer le nouveau dérapage des dépenses de santé, le rapport souligne l’accélération en 2016 des honoraires des masseurs kinésithérapeutes (+ 4.3 %) par rapport à 2015, alors que l’augmentation n’avait été « que de «  + 2.8 % entre 2015 et 2014.  Même si la profession n’est pas pointée du doigt comme cela avait été le cas auparavant, les masseurs kinésithérapeutes restent dans leur ensemble désigné comme faisant partie des acteurs responsables de la non maitrise des objectifs.

Le rapport détaille même les explications à retenir pour justifier l’écart entre prévision et exécution. Ainsi, « En matière de (…) recours à la kinésithérapie (…), les objectifs seraient atteints à hauteur de 65 % «.

Une contestation à venir pour les masseurs kinésithérapeutes et autres professionnels de santé

Comme toujours, la Cour des Comptes fait suivre son analyse du Système de Santé d’une liste de recommandations, qui sont, en général, suivies par les autorités du pays. Pas moins de 60 recommandations figurent dans cette édition du rapport publié en septembre 2017. Il faudra encore quelques jours pour étudier plus en avant les plus de 700 pages de ce rapport, mais certaines des recommandations entraineront la réaction plus ou moins véhémente des professionnels concernés. Les masseurs kinésithérapeutes voudront en savoir davantage en lisant que la Cour des Comptes recommande :

«  pour les soins de ville, instaurer une réserve prudentielle permettant de réduire les tarifs ou de suspendre les augmentations tarifaires en cas de non-respect de l’objectif prévisionnel de dépenses »

Cette mise sous tutelle des honoraires et des éventuelles augmentations à venir n’est pas de nature à répondre aux attentes des professionnels libéraux de santé en général et à celles des masseurs kinésithérapeutes en particulier.

Et vous, prendrez-vous le temps de lire le rapport de la Cour des Comptes ? Estimez-vous que ces études annuelles permettent d’améliorer le système de santé français ? Et en ce qui concerne plus précisément votre profession  de kiné ?