Depuis la rentrée de septembre 2018, les étudiants en filière médicale, dont les futurs kinés libéraux et hospitaliers, doivent effectuer un service sanitaire obligatoire. Après un an de mise en œuvre, l’heure du premier bilan est arrivée.

Les futurs kinés libéraux et hospitaliers face à la réalité du service sanitaire

On se souvient du tollé, qu’avait provoqué l’instauration du service sanitaire à la rentrée 2018-2019. Concernant tous les étudiants en filière de santé, dont les futurs masseurs kinésithérapeutes, ce service sanitaire avait été imaginé rapidement, puisque décidé en février 2018 par le Ministère de la Santé d’une part et celui de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’innovation d’autre part. Après un an d’application, il est temps de faire le point sur cette nouvelle obligation faite aux étudiants dans les filières de santé. Bien que certains disfonctionnements se sont faits jour notamment en matière d’indemnisation, dans l’ensemble, la mise en œuvre du service sanitaire s’est plutôt bien déroulé. C’est assez rare pour le signaler, car près de 50.000 étudiants étaient concernés dès septembre dernier avec une application de ce service sanitaire dans les 6 filières : médecine, pharmacie, sciences infirmières, kinésithérapie, odontologie et maïeutique.

Rappelons, que ce service sanitaire implique que les étudiants soient amenés à participer à des actions de prévention mais aussi de prévention de la santé auprès de publics bien définis, depuis le milieu scolaire jusqu’aux résidents des Ephad. Ce service doit se concentrer sur 6 semaines, dont 3 réservées à l’élaboration et à la préparation et 3 à l’action en elle-même. Pour le Ministère de la Santé, l’objectif était clairement défini :

  • Lutter efficacement contre les inégalités d’accès aux soins à travers les différents territoires (déserts médicaux)
  • Inciter les étudiants à acquérir plus d’autonomie mais aussi à se tourner plus naturellement vers l’interdisciplinarité (Depuis la mise en place de ce service sanitaire, d’autres mesures ont été prises pour favoriser cette collaboration entre les différents professionnels de santé, comme avec les CPTS)

Les étudiants kinés inciter à travailler avec d’autres professionnels de santé

Et pour les étudiants en kinésithérapie comme pour les autres, le Ministère de la Santé semble se satisfaire des résultats de cette première année. Ainsi, le Pr Loïc Vaillant, président du comité de pilotage, souligne : « D’après nos premières évaluations, cet objectif (celui de l’interprofessionnalité) est atteint…à 70 % ». En clair, les futurs kinés libéraux ont du collaborer avec des étudiants en soins infirmiers ou des étudiants en médecine pour réaliser ces actions de prévention. Le premier bilan permet aussi de souligner que le milieu scolaire a été le plus ciblé puisque 70 % des actions ont été réalisé dans ce milieu (50 % pour les seuls collèges).

S’il faudra attendre encore quelques semaines ou quelques mois pour détailler le résultat de cette première année, les étudiants kiné mais aussi les autres se montrent plutôt satisfaits de cette première année. Ils témoignent tous de cette prise de conscience de l’importance de la prévention, et une majorité des étudiants ciblés considère qu’ils en prendront plus compte au cours de leur vie professionnelle. En revanche, les étudiants comme les professionnels déjà installés soulignent une des carences de ce service sanitaire : la formation. En effet, si les kinés doivent, au cours de leur formation, s’initier à la collaboration avec d’autres professionnels de santé mais aussi s’imprégner des bénéfices de la prévention, ils ne sont pas formés pour intervenir devant des élèves. Et faire passer un message à un public jeune reste tout un art, auquel il est nécessaire de se former.  La prévention peut-elle passer par la reformulation des connaissances acquises ou faut-il nécessairement faire appel à un savoir-faire et/ou un savoir-être pour faire de cette prévention une action bénéfique ? La question est posée, et certaines régions ont déjà commandé des études scientifiques rigoureuses sur le résultat des actions mises en œuvre dans le cadre de ce service sanitaire. 

Outre cette problématique du contenu même du service sanitaire, les étudiants déplorent enfin la faiblesse des indemnités de déplacement lorsqu’ils devaient intervenir à plus de 15 kilomètres de leur domicile, puisque l’indemnité forfaitaire est alors de 130 € bruts.

Voilà donc un premier bilan de ce service sanitaire pour les kinés et les étudiants en filière de santé. Des correctifs pourraient être apportés d’ici la rentrée de septembre.

Et vous, quel est votre avis sur ce service sanitaire ? Des idées pour rendre le dispositif encore plus efficace et attrayant ?