Lorsque le masseur kinésithérapeute reçoit des patients dans son cabinet, il est responsable de leur sécurité pendant toute la durée de leur passage. C’est un fait divers, qui nous rappelle cette évidence et souligne ainsi les devoirs et les responsabilités du kiné.

Le quotidien des masseurs kinésithérapeutes, une succession d’obstacles

C’est un fait divers, qui a braqué les projecteurs de l’actualité sur le quotidien des masseurs kinésithérapeutes ces derniers jours. Il ne s’agit pas, comme on peut en avoir l’habitude, de tracasseries administratives ou de procédures en réclamation d’indus. Cela ne concerne pas plus l’actualité de la profession en elle-même. Non, ce fait divers rappelle, de manière qui peut en faire sourire certains et en offusquer d’autres, à quel point le quotidien d’un kiné peut être usant, stressant et ainsi conduire à de tels dysfonctionnements.

C’est donc l’histoire d’un masseur kinésithérapeute qui travaille au Centre Rééducation Ostéopathie Podologie Sportive (CROPS) de Boulogne-Billancourt dans les Hauts de Seine. Nous sommes le vendredi 18 août et l’heure de fermer le CROPS approche puisque l’horloge affiche 19h45. Notre kinésithérapeute, après une journée de travail que l’on imagine bien remplie, ferme donc les locaux, en oubliant une patiente traitée pour son arthrose, prénommée Bahija. Cette femme de 56 ans expliquera, par la suite, qu’elle a pressenti cet incident :

« Je n’ai pas compris ce qui se passait, j’entendais des gens dire au revoir, souhaiter bon week-end… Puis j’ai attendu. J’appelais Monsieur, Monsieur ! Il n’y avait plus de bruit, (…) »

Une solitude devenue peur panique pour une patiente, enfermée dans un cabinet de kiné

Comme nous le précisions, l’histoire pourrait prêter à sourire et servir d’exemple. Indépendamment des horaires surchargés des kinés, les règles de sécurité de base doivent toujours être appliquées. Certes, cet oubli doit être considéré comme une négligence voire une faute, mais sans chercher à excuser le kiné fautif, on peut comprendre l’empressement du vendredi soir (il est 19h45 et la semaine a été longue. Nous sommes en plein mois d’Aout, …).

L’histoire aurait pu s’en arrêter là. Mais Bahija, après s’être débarrassée de l’appareil de pressothérapie de sa jambe    va, grâce à son téléphone portable, appeler sa fille. Cette dernière alerte immédiatement la police nationale. Il faut moins d’une demi-heure, pour que les forces de l’ordre arrivent sur place pour sortir Bahija du centre médical. Mais, la patiente aura, entre-temps, cédé à une crise d’asthme, fort probablement causée par le stress. C’est donc les pompiers qui transporteront Bahija à l’hôpital.

Le kiné, responsable de la sécurité de ses patients bien au-delà des soins prodigués

Le lendemain, Bahija et sa fille porteront plainte contre le masseur kinésithérapeute pour négligence. La fille de Bahija soulignera, que son premier réflexe a été d’appeler la police. Ce n’est que dans la soirée, qu’elle contactera en personne le masseur kinésithérapeute.

C’est moi qui lui ai appris qu’il avait oublié une patiente. Je lui ai dit que les conséquences auraient pu être plus graves, que c’était inadmissible.”

De son côté, le kiné n’a pas cherché à se dérober ou à fuir ses responsabilités, bien au contraire.

  “J’ai fermé mon cabinet et il y avait encore quelqu’un dedans. Ça ne doit pas être ni la première, ni la dernière fois que cela se produit, et ce n’était pas dans un ascenseur non plus… Mais c’est fâcheux, et ce n’est pas professionnel de ma part, c’est clair. Je ne peux que m’excuser.”

Conscient de ses responsabilités et de son erreur, le kiné devra patienter pour connaître le sort, que la justice lui réserve. Cette précipitation au moment de la fermeture pourrait avoir des conséquences fâcheuses. Cela rappelle à tous les masseurs kinésithérapeutes comme à tous les professionnels de santé, que leur mission ne se limite pas uniquement aux soins prodigués. Ils sont en effet responsables de la sécurité de leurs patients tout au long de leur présence dans leur cabinet.

Quel jugement portez-vous sur cet épisode, vécu par un kiné de Boulogne Billancourt ? Avez-vous déjà vécu un incident similaire avec un patient qui finit au tribunal ? Et si oui, comment cela s’est terminé ?