Depuis plusieurs semaines, toute la population française est appelée à prendre la parole. Le Grand Débat National, initié par le Président de la République, vise à imaginer la société dans laquelle nous voulons vivre demain. Il est donc naturel pour les kinés libéraux de vouloir participer activement à cette confrontation d’idées, d’autant plus qu’ils sont habitués à faire connaitre leurs positions et leurs avis.

Les kinés libéraux sont les mieux placés pour préciser les outils, dont ils ont besoin au quotidien ou pour souligner les menaces pesant sur la profession même de masseurs kinésithérapeutes. Ils le confirment en réagissant régulièrement aux différents dossiers, publiés par EasyKiné notamment. Et c’est sur la base de leurs témoignages et de leurs avis, que les innovations techniques et technologiques leur deviennent plus bénéfiques dans l’exercice de leur activité. Ainsi en est-il des plateformes de mise en relation entre les kinés libéraux et les patients. Les premiers reconnaissent l’intérêt de ce genre d’outils comme Bénédicte Girard Lebourgeois, qui nous écrivait : «  Très pratique, pas d’attente au téléphone et on peut choisir plusieurs dates puis les supprimer. Il est vrai que pour un rdv urgent cela nécessite une communication téléphonique ». C’est sur la base de ces avis, que des modifications sont apportées régulièrement afin de répondre aux exigences les plus spécifiques des masseurs kinésithérapeutes. C’est ainsi que Jean Bernard Filippi souligne un des travers de ces nouveaux outils d’aide à la gestion d’agenda : « beaucoup de patients mettent plusieurs dates ou heures et n’annulent pas. Super pour le praticien. »

Des kinés libéraux investis pour imaginer l’avenir d’une profession malmenée

Mais, les kinés libéraux s’expriment aussi sur des sujets bien plus complexes, comme lorsque nous évoquions, il y a quelques semaines, la problématique du refus de soins parmi les professionnels de santé en général et plus précisément auprès des masseurs kinésithérapeutes. Réagissant à une mise en cause de certains kinés libéraux, CHUFFART Claude réagissait alors en tentant d’expliquer son point de vue qui concernait principalement le nombre de kinés libéraux en France et leur répartition : « (…) Mais cela peut aussi se produire chez d’autres professionnels. S’il y a une profession qui n’a pas de chômeurs, c’est bien celle de kinés ! Il faut savoir qu’en France les études sont très sélectives. Il y a moins de kinés que de demandes surtout dans les zones rurales. Par contre nous accueillons beaucoup de confrères issus de la communauté européenne où la sélection est souvent plus facile. De plus il est difficile aux gouvernements d’intervenir sur la démographie. (il y a des zones « défavorisées »). »

C’est en creusant autour de ces sujets, qui organisent et caractérisent la profession, que les avis se font alors plus tranchés. Ainsi, Noubette Sybelle fait part de son inquiétude pour l’avenir de la profession en décrivant : « (…) Beaucoup de cabinets fermeront, faute de structure et donc de patientèle. C’est la commercialisation des soins, tout le contraire de l’éthique professionnelle. Où va t on????? ». Si on ressent l’exaspération et le désarroi, cela souligne aussi les nombreuses problématiques, qui pèsent sur l’avenir des kinés libéraux. Les décisions, prises par les autorités publiques, ne font pas l’unanimité, bien au contraire. Laurent Delvigne prédit ainsi : « CPTS et MSP sont des regroupements de personnes sur un même lieu ce qui inévitablement va aboutir pour le patient à la perte de la liberté de choix de son praticien.  Pour le praticien non médecin à la perte de la liberté de choix des techniques puis par la suite ces CPTS ou MSP seront l’objet des convoitises des mutuelles assureurs et autres financiers dont nous seront tous les assujettis. »

Parfois, les avis exprimés sont contradictoires, alors qu’à d’autres occasions, ces commentaires permettent de souligner une relative unanimité sur un sujet donné. Dans tous les cas, les kinés libéraux participent, par cette prise de parole, à une réflexion ambitieuse, visant à mieux réguler leur profession mais aussi à s’interroger sur les évolutions nécessaires pour un avenir plus serein. C’est toute l’ambition du grand débat, organisé depuis plusieurs semaines dans notre pays. Il est donc logique et naturel, que les kinés libéraux s’emparent de ces questions qui les concernent au premier chef.

Et vous, avez-vous participé au grand débat ? Votre participation reflète-t-elle vos problématiques ou vos inquiétudes sur votre activité de kiné libéral ? Ou est-elle principalement concentrée sur votre statut de citoyen ?