6 ans après son entrée en vigueur, le DPC est désormais entré dans les habitudes des kinés libéraux comme dans celles de bien d’autres professionnels de santé. Mais de quoi parle-t-on en évoquant la formation continue obligatoire des masseurs kinésithérapeutes ?

Le DPC, un CPF exclusivement réservé aux masseurs kinésithérapeutes et aux professionnels de santé

La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel est entrée en vigueur, dans ses grandes parties, depuis le 1er janvier 2019. Elle s’adresse à tous les actifs, qu’ils soient salariés, indépendants ou en recherche d’emploi. Ce début d’été marque le bon moment pour faire le point sur ses besoins en termes de formation continue, et pour les kinés libéraux comme pour tous les autres professionnels de santé, cela passe par le DPC, un acronyme pour Développement Professionnel Continu. Ce dernier a été créé par la loi dite HPST (Hôpital, Patient, Santé, Territoires) et modifié en partie par la loi de modernisation du système de santé en 2016.

Entré en vigueur au 1er janvier 2013, le DPC ambitionne d’ :

  • Evaluer les pratiques professionnelles
  • Optimiser le perfectionnement des connaissances
  • Garantir l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins 

Une obligation de formation pour tous les kinés libéraux, la garantie de la qualité des soins

La formation continue, via le dispositif du DPC, est donc bien une obligation légale faite à tous les kinés libéraux. L’ordre national des masseurs kinésithérapeutes est en charge de vérifier la bonne application de cette mesure, et doit ainsi contrôler chaque masseur kinésithérapeute au moins une fois tous les 5 ans.

 De manière concrète, tous les professionnels de santé concernés doivent, au cours d’une période de 3 ans, évaluer ses pratiques professionnels, se former et gérer ses risques professionnels. Pour faciliter la tâche du kiné libéral comme de tout autre professionnel de santé, l’Agence nationale du Développement Professionnel Continu (ANDPC) recense toutes les formations agréées mais aussi les outils pratiques pour mettre en œuvre cette obligation de formation. Le site Mon DPC (https://www.mondpc.fr/) facilite le parcours des professionnels de santé, qui doivent satisfaire à cette obligation.

La prise en charge des frais de formation du kiné libéral est assurée dans le respect des limites budgétaires décidées chaque année. Ainsi pour l’année de 2019, la limite de prise en charge d’une formation dans le cadre du DPC est fixée à 14 heures  (et la formation à distance ne pourra pas dépasser 7 heures). L’encadrement de cette prise en charge se définit plus en détail comme suit :

  • Prise en charge du coût de la formation : Maximum de 39 € par heure pour une enveloppe maximale de 546 € par kiné libéral
  • Prise en charge de la perte d’activité : Maximum de 33 € par heure avec une limite de 462 € par professionnel de santé.

L’enveloppe globale de formation pour un kiné libéral est donc de 1.008 € par an.  Même si l’ANDPC a déjà annoncé travailler sur de nouvelles formes pour cette formation continue, les formations en présentiel constituent toujours, en 2018, la principale forme avec 46 % des formations concernées contre 25.1 % pour les formations en non-présentiel. Les formations mixtes ont connu, au cours de l’année dernière, une forte progression et représentent désormais 28.8 % des formations dispensées dans le cadre du DPC.

Quelles retombées et quels avantages pour le DPC ?

Alors que le prochain projet triennal de DPC (2020-2022) devrait être rendu public prochainement, force est de constater que le dispositif de formation continue pour les kinés libéraux et les professionnels de santé a atteint ses objectifs. Si au 31 décembre 2018, on enregistrait 2228 organismes habilités à dispenser des formations dans le cadre du DPC, 1251 s’adressaient aux masseurs kinésithérapeutes. On a ainsi comptabilisé pour cette année 2018 14257 actions de DPC proposées, dont 2370 pour les masseurs kinésithérapeutes.

Si on peut se féliciter de l’offre de formation continue à destination des masseurs kinésithérapeutes, il faut néanmoins souligner, que la profession n’est pas entièrement mobilisée puisque seuls 21426 masseurs kinésithérapeutes étaient inscrits à la fin de l’année 2018. La mobilisation devrait s’accentuer encore cette année et en 2020, même s’il conviendra de l’analyser dans quelques mois.

Et vous ou en êtes-vous de vos obligations vis-à-vis du DPC ? Quels seraient selon vous les axes à améliorer ?