Autoriser les patients à consulter le kiné libéral sans leur imposer un passage par la case visite du médecin généraliste, la demande d’accès direct fait partie des revendications qui reviennent régulièrement sur le devant de la scène. Aujourd’hui pourtant, la mesure pourrait satisfaire aux attentes des kinés libéraux d’une part, tout en apportant une marge de manœuvre au gouvernement. Est-ce un signe ?

Les kinés libéraux se sont emparés du Grand débat National et demandent l’accès direct

Depuis quelques semaines, les citoyens de France ont été appelé à s’exprimer pour faire entendre leurs propositions et leurs attentes. Les kinés libéraux et hospitaliers se sont, eux aussi, mobilisés pour porter les revendications de leur profession. Et en la matière, l’accès direct aux kinésithérapeutes figure parmi les demandes les plus insistantes. C’est ce qu’explique le Conseil National de l’ordre des masseurs kinésithérapeutes (CNMKO), qui a mené une grande enquête auprès de ses adhérents.

Pourtant l’accès direct aux masseurs kinésithérapeutes existe déjà depuis la loi du 26 janvier 2016 (la loi de modernisation du système de santé). En cas d’urgence et en l’absence de médecin, un kinésithérapeute est habilité à prodiguer les premiers soins. C’était déjà un premier pas, mais la demande d’aujourd’hui des kinés libéraux et hospitaliers dépassent ces situations particulières. Les kinésithérapeutes souhaitent donc qu’un patient puisse venir les consulter en première intention, c’est-à-dire sans passer par la case de la prescription médicale. Le masseur kinésithérapeute aurait alors le devoir de réorienter le patient vers un médecin généraliste ou vers un autre spécialiste en cas de besoin. En revanche, pour les pathologies les plus courantes ( lumbago, cervicalgie, …), le masseur kinésithérapeute pourrait prodiguer les soins nécessaires sans devoir attendre la consultation du médecin généraliste.

L’accès direct aux kinés libéraux, une demande ancienne et légitime

Avec la pénurie, dans certains départements, de médecins et donc l’aggravation des problématiques, liées à cette désertification médicale, cet accès direct devrait permettre, pour ces cas les plus courants, une meilleure prise en charge des patients. Ces derniers pourraient ainsi éviter de prendre rendez-vous auprès des médecins généralistes et gagner de précieux jours (ou même de précieuses semaines dans certains cas) avant de voir leurs maux enfin traités. Pour les médecins, cet accès direct constitue aussi une manière de désengorger leur cabinet médical et de leur « redonner du temps médical » et on sait, que cette libération de temps médical fait partie des priorités du gouvernement, qui sait devoir attendre de nombreuses années avant de voir les premiers effets de ses mesures prises dans le cadre de la réforme Ma Santé 2022.

Pour les kinés libéraux, cette demande d’accès direct n’est pas récente mais elle revient en force avec cette consultation de grande ampleur lancée par l’Ordre des Masseurs Kinésithérapeutes. Pour que cette mesure puisse porter ses fruits, il faudrait bien évidemment accorder le droit à prescription d’actes d’imagerie, afin que le kiné libéral, consulté en première intention, soit en mesure de poser le diagnostic précis. 

L’accès direct aux kinés libéraux, une mesure de santé publique

C’est donc cette demande d’accès direct aux masseurs kinésithérapeutes, que Mme Pascale Michel, présidente du CNOMK relaie depuis plusieurs jours dans la presse et auprès des autorités publiques. Elle souligne ainsi, qu’en autorisant l’accès direct aux masseurs kinésithérapeutes, on accompagne les mesures du plan Ma Santé 2022. Ainsi, en finançant partiellement les assistants médicaux, les autorités publiques incitent les médecins à effectuer 6 consultations à l’heure, soit environ 10 minutes par patient. L’accès direct serait une première étape pour éviter les consultations inutiles. Elle souligne ainsi, que plus de 11.000 médecins ont signé une pétition en ligne, allant dans ce sens.

La demande visant à autoriser l’accès direct aux masseurs kinésithérapeutes n’est donc pas une demande catégorielle, mais vise bien à renforcer la qualité du système de santé. C’est dans ces termes, que le CNOMK présente cette revendication, qui a été remise au Ministère de la Santé. Ce dernier devrait prendre position rapidement, puisque la mesure pourrait servir de mesures accompagnatrices pour lutter plus efficacement contre les problématiques de démographie des professionnels de santé.

Et vous, pensez-vous que les autorités vont élargir l’accès direct aux masseurs kinésithérapeutes ? Estimez-vous que la mesure est nécessaire en ces temps de réforme du système de santé en France ?