Le premier jour du mois de juillet est toujours synonyme de changement pour de nombreuses catégories de la population. Cette année, les kinés libéraux sont concernés, puisque l’avenant 6 à la convention des Masseurs Kinésithérapeutes a validé la revalorisation de certains actes à cette date. Une revalorisation, décidée en un temps record et qui ne fait pas l’unanimité.

Un avenant 6 à la convention des kinés, négocié et signé en un temps record

On connait la difficulté et la lenteur, qui caractérisent les négociations conventionnelles entre les professionnels de santé en général, et notamment les masseurs kinésithérapeutes, et les autorités publiques. Ainsi en a-t-il été de l’avenant n° 5 à la convention nationale des Masseurs Kinésithérapeutes signé le 6 novembre 2017 entre l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) et l’Union nationale des syndicats de masseurs-kinésithérapeutes libéraux (UNSMKL). Cet avenant, qui a fait couler beaucoup d’encre, validait un ensemble de mesure dont des revalorisations tarifaires, qui devaient être échelonnées entre juillet 2018 et juillet 2021.

En revanche, il aura fallu moins de 10 jours pour que les négociations ouvertes le 06 mai 2019 débouchent sur la signature de l’avenant n° 6 le 14 mai dernier. Cet avenant a fait l’objet de bien moins de débats et de discussions, puisqu’il s’agit principalement d’un avenant « technique », permettant d’ajuster les mesures prises par l’avenant 5 en fonction des effets déjà mesurés jusqu’ici. Cet avenant 6 a ainsi entrainé une revalorisation de certains actes à compter du 1er juillet 2019.

Une revalorisation tarifaire de certains actes de kinés libéraux à compter du 1er juillet 2019

 C’est pour revaloriser le rôle de professionnel de santé des kinés libéraux mais aussi pour valoriser la qualité de la prise en charge, que l’avenant 5 avait prévu une revalorisation du bilan diagnostic thérapeutique à compter du 1er juillet 2018 mais aussi la revalorisation de 18 actes à compter du 1er décembre 2019, puis une seconde fois au 1er juillet 2021. Ce sont ces revalorisations, prévues au 1er décembre 2019, qui ont été avancées au 1er juillet par l’avenant 6.

 Ainsi, depuis le 1er juillet dernier, la revalorisation est effective pour :

  • 10 actes AMK ou AMC 7 revalorisés à   7,6 (de 15.05 € à 16.34 €)
  • 8 actes d’AMK ou AMC 8 revalorisés à 8,3 (de 17,02 € à 17,85   €)

Il est à noter qu’une seconde revalorisation de ces 18 actes est toujours programmée pour le 1er juillet 2021. Les actes AMK ou AMC 7.6 seront alors à 8 et les AMK ou AMC 8.3 passeront à 8.5

Il en va de même pour la création d’une indemnité forfaitaire de déplacement spécifique, dans le cadre du maintien de l’autonomie de la personne âgée. Cette création, initialement prévue au 01er décembre 2019, a été avancée au 1er juillet 2019.

Une revalorisation, contestée par une partie des kinés libéraux

Si ces revalorisations sont déjà effectives, en théorie, depuis quelques jours, il n’empêche que cet avenant 6 a suscité la même hostilité d’une partie des kinés libéraux, que celle déjà vécue en 2017 lors de la validation de l’avenant 5. Ainsi, la Fédération Française des Masseurs Kinésithérapeutes Rééducateurs (FFMKR) regrette que ces valorisations ne soient pas à la hauteur de la diminution des revenus des kinés libéraux.  Une partie des kinés libéraux estiment, que ces revalorisations ne sont pas à la hauteur des promesses faites à la profession. Ce sont donc des mesures, qui ne font pas l’unanimité qui ont été adoptées par l’avenant 6. Ce dernier aurait du entrer en vigueur au 1er juillet 2019, sauf qu’à cette date, le décret   n’avait toujours pas été publié au Journal Officiel à cette date. C’est aujourd’hui chose faite, puisque l’avenant 6 a été officialisé dans l’édition du 2 juillet du JO.

Et vous, que pensez-vous de ces revalorisations et de cette nouvelle indemnité forfaitaire ? Comprenez-vous l’hostilité et la réticence de certains kinés libéraux, soulignant la faiblesse des efforts consentis au bénéfice de la profession ?